VINGT-NEUF

09 janvier 2018

© 2018 Darwin Doleyres

Yesterday, I turned twenty-nine. My last twenty something.

Alors que je faisais rimer mes vingt-huit avec nomade, cette année c’est avec liberté que je ferai rimer vingt-neuf.

Pour la première fois depuis mon immigration au Canada, je célèbre cette nouvelle année ici. Il y a ce quelque chose de spécial avec l’immigration, qui fait qu’on se sent toujours à la fois loin, et proche. Qu’on ressent un manque tout en se sentant comblé. Entourée des sœurs que je n’ai jamais eu, des exemples, des inspirations, des soutiens, des modèles, j’ai eu la confirmation que ces années qui passent ne peuvent être sans lien avec le fait d’être, de devenir une femme.
Devenir adulte, se faire confiance, avoir confiance en soi. S’affirmer. Arrêter de se comparer et embrasser notre unicité. S’accepter.
Ce chemin qu’on parcourt toutes, n’a en réalité pas de lien avec notre âge. Ce chemin n’a de lien qu’avec un temps qui n’est que relatif et propre à chacune, et on ne peut pas continuer à se conditionner et à se mettre des pressions sociales qui ne sont pas naturelles.

Age ain’t nothing but a number. Il paraît que c’est une phrase qu’on commence à dire quand on vieillit…
Vingt-neuf ans.

Vingt-neuf ans, c’est aussi le temps qu’il m’a fallu pour dire, « ils avaient raison ». Nos parents ont toujours raison. C’est le temps qu’il m’a fallu pour voir une réalité toute autre.

Vingt-neuf ans.

Alors que je faisais rimer mes vingt-huit avec nomade, cette année, je suis bel et bien sédentaire, et je suis même engagée dans un emploi, dans une équipe, dans des projets. Et pourtant, c’est avec liberté que je ferai rimer vingt-neuf.

Ces dernières semaines, comme une résultante de ces dernières années, j’ai apprivoisé ce besoin de liberté presque trop extrême et bien trop incompatible avec notre société. J’ai tissé la toile dans laquelle on est tous pris, à ma manière, avec mes portes de sortie. Le besoin n’est pas de les prendre. Le besoin est de savoir qu’elles sont là, qu’elles sont une option possible, que je ne dépend de personne, et que personne ne dépend de moi, professionnellement, et émotionnellement.

La liberté, c’est aussi lorsqu’on se libère d’émotions nuisibles à notre bien-être. C’est quand on accepte qui on est. Quand on a confiance en qui on est, en ce qu’on vaut. La liberté, c’est quand on accepte nos faiblesses, nos forces, nos côtés sombres, comme notre lumière. La liberté, c’est quand on s’autorise à briller, et à inonder les autres de notre lumière. Être libre, c’est aussi être libre d’aimer à sa manière, peu importe que ça soit une norme, ou non. La liberté ne vient qu’avec le respect de la liberté de l’autre. La liberté, c’est se donner le droit de. Le droit d’être. La liberté, c’est quand tu as suffisamment confiance en toi, pour avoir confiance en l’autre, pour avoir confiance en la vie. La liberté, c’est quand tu es libérée des émotions de jalousie, de fierté, de possessivité, qui n’appartiennent qu’à ton ego, à l’habitude, à la société. La liberté, c’est être capable d’accepter tout ça, sans validation extérieure.

Yesterday, I turned 29. Yesterday, I turned my back on my past, on my culpabilities, on my emotions that are not mine, on my insecurities, on the « you should do », « you should be », on all the « you should ».