LOI DU KARMA #1

16 mai 2016

Tout commence avec la campagne de financement de Sly Johnson pour son nouvel album. En fait, non, tout commence avec Angela en 1999, mais faisons court.

Sly Johnson appelle donc sa communauté à lui donner un petit coup de pouce pour qu’il puisse réaliser son deuxième LP solo, quatre ans après le premier. Autant dire qu’il est plus qu’attendu.

On est en mars 2014, je reviens d’un voyage en Asie, fuyant mon premier hiver canadien. Bref, mes comptes sont à sec. Mais genre, vraiment. Je dois payer mon loyer dans une semaine, et il me reste en tout et pour tout 37$ sur mon compte bancaire. Si je participe au projet, il ne me restera que quelques centimes… Au point où j’en suis, est-ce que ça fera vraiment une différence? Puis je me souviens de la phrase de mon père « Tu sais, l’argent ça va ça vient, mais si il ne circule pas, ben il ne vient pas ».

Bon.

Et puis, c’est Sly quoi. J’ai voulu faire court avec l’histoire d’Angela, mais en gros, en 1999, c’est le kiff, en 2001 avec X Raisons, c’est le coup de foudre et certainement l’album que j’ai le plus écouté dans ma vie. Depuis je n’ai jamais lâché l’idée qu’un jour, je travaillerai avec le Saïan Supa Crew. Voilà pourquoi je serai plus en joie d’écouter ses nouveaux morceaux que de payer mon loyer…

Bon.

C’est parti.

On verra bien.

Le lendemain, je me réveille tout de même un peu stressée. J’allume mon téléphone. Mon collègue m’annonce qu’il a un imprévu et qu’il ne peut pas honorer son contrat. 800$, déjà réglé par le client, qu’il peut me virer dans la journée.

« Tu sais, l’argent ça va ça vient, mais si il ne circule pas, ben il ne vient pas ».

La campagne de financement est un succès. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

De passage à Paris pour l’hiver 2014-2015, j’inaugure mon « retour » avec le concert de Sly au théâtre Les Étoiles. Il nous présentera sa street tape Ruffdraft, accompagné de Vicelow, Rachel Claudio et Tiemoko, tous artistes et amis que j’apprécie beaucoup.

J’y croise une amie là-bas, Élodie, qui voyant mon appareil photo me demande si je viens pour couvrir le show. Je lui dis que non, je l’avais juste avec moi dans la journée, et que je préfère kiffer le concert. Finalement, les lumières sont assez bonnes pour une petite salle et un concert intimiste, je suis tout devant, mais il y a un putain de micro que personne n’a jamais utilisé et n’utilisera jamais dans mon axe… Bon allez, je lâche quand-même deux-trois clics, histoire de.

Je les publie quelques jours plus tard, Sly aime. Joie.

Bon, le lien Flickr n’est plus valide, mais vous pouvez avoir un aperçu sur photographe.jessicavaloise.com.

Nous sommes maintenant en juin 2015 quand je reçois une notification de 500px, me disant que quelqu’un souhaite acheter une photo de Sly Johnson, et que je dois donc demander l’autorisation à ce dernier avant de pouvoir la vendre. Cool.

Ah. L’acheteur est Sly Johnson. Cool.

Sly me dit que c’est pour illustrer la pochette de son prochain album. Cool. (Je fais genre mais à l’intérieur de moi chaque « cool » est en fait un « OMG »)

Vente conclue. Sly revient vers moi quelques jours plus tard. Son designer n’arrive pas à traduire son idée. #ArtistesClassiqueProblème

Il me demande alors si j’ai déjà fait des pochettes, et à défaut, si je saurai en faire.

Dans l’idée, ouai. C’est jamais ça qui me manque et en fait, je vois déjà à quoi pourrait ressembler sa pochette. Dans la technique, ben… Y a Google et ses tutoriaux.

Sly et son label décident de me faire confiance.

Quelques mois plus tard, l’album sort enfin.

Bon, ça n’est pas parfait, il y a quelques erreurs de typo et de couleurs. Mais Sly kiffe, les gens kiffent, je kiffe.

Tout ça, en fait, c’est surtout pour dire que le Karma, il ne blague pas! Les rêves non plus. Et la passion non plus.

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